Un dimanche après-midi chez Marjorie

15 Publié par - 10/02/2017 - Insolite, New York, Personnages

300 raisons d’aimer New York – Raison #231

Depuis une vingtaine d’années, de 16 heures à 18 heures tous les dimanches, Marjorie Eliot ouvre les portes de son appartement aux étrangers qui veulent entendre du jazz. Elle pousse les meubles et dispose des chaises avec coussins dans son salon, sa cuisine et le corridor. Elle allume des chandelles parfumées, prépare plateaux de biscuits et verres de jus.

Vers 15 heures 30, les premiers invités se présentent à la porte de l’appartement 3-F, aux murs tapissés de photos de Martin Luther King et de Barack Obama. Le groupe est éclectique : de vieux amis du quartier, des étudiants et quelques touristes.

À 16 heures précises, le concert commence. Il y a Bob Cunningham, vieux loup du jazz à la contrebasse, Sedric Shukroon au saxophone, et le fils de Marjorie, Rudel Drears, chante. Marjorie, elle, prend place au piano devant une photo de son fils Philip, décédé d’insuffisance rénale un dimanche de 1992.

Ce concert, qu’elle offre gratuitement au public 52 dimanches par année, vise à célébrer la mémoire de Phil, mais aussi celle de son autre fils, Michael, mort en 2006 d’une méningite. En février 2011, son fils Shaun, qui souffre de maladie mentale, a disparu. On l’a retrouvé 33 jours plus tard dans un hôpital de Harlem.

« Voilà la façon que j’ai trouvée de transformer ma tristesse en expérience joyeuse », dit Marjorie. Cette femme est une force de la nature. Il y a une jarre pour les dons à la sortie [555 Edgecombe Ave, appartement 3-F ; ligne C du métro, station 163 Street].

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